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05 Dans l'ombre... (Astérine / Tori / Esmène)

Les pactes signés, il devait tout de même rester quelqu'un prêt à tout affronter. Une personne qui allait arrêter tous les pactes de tous les démons.

Une jeune disciple d'Ecaflip, originaire de Bonta, apprit ce qu'il se passait. Des jeunes filles enlevées à Katrepat, des cadavres à Sufokia, une jeune femme assassinée à Astrub, une mystérieuse épidémie de boulimie à Brâkmar, de l'or qui disparaissait comme par hasard à Bonta, sans compter la tyrannie naissante d'Amakna et les meurtres isolés de criminels de Bilbyza.

Il se tramait quelque chose de flou dans ce monde. Une seule fille pourrait peut-être tout arrêter... À condition d'y parvenir car six des sept mauvaises nouvelles étaient provoquées... Par des nobles !

La petite Astérine se précipita vers le chevalier Justice qui était assis sur son rocher à Cania, gardant Anathar comme cape, un dangereux Shushu. C'est lui qui lui expliqua à quoi étaient dus les péchés : à des décisions démoniaques pour piéger les habitants dans leur Shukrute pour l'éternité. Hélas, s'étant avoué trop fatigué, il décida alors de céder la mission à Astérine, qui accepta.

À première vue, la chose la plus facile serait d'attaquer celle qui n'était pas noble... Mais si elle se faisait tuer ?

Il fallait autant agir dans la discrétion...

Ce que fit également Tori d'ailleurs. La jeune femme se languissait de ses petites otages qu'étaient Alexandra et Claire et elle alternait les coups à chaque ensemble de minuit. Son pouvoir grandissait, de même pour ses ailes.

Puis à un moment elle se rendit compte que deux filles une fois sur deux, ce n'était pas encore assez puissant. Il lui fallait encore d'autres filles. Mais où les trouver ?

TORI - C'est bien d'avoir ses deux petites pour soi toute seule... Mais je commence à m'ennuyer.

Une idée démoniaque naquit dans sa tête : aller enlever chaque fille qu'elle croiserait dans le bourg, et plus tard dans Amakna, le continent le plus proche, ainsi que Brâkmar qui n'était pas aussi éloignée non plus.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Tori délaissa Alexandra et Claire, sous prétexte qu'elle allait leur chercher des "amies", et se précipita vers Amakna, la terre menée par l'orgueil.

Elle y enleva une autre disciple de Crâ, puis à Brâkmar une disciple de Sadida.

De retour au château, elle réfléchit avec Ombrage, la démone qui la contrôlait. Tori regarda sa chevelure dans le miroir et se rendit compte qu'elle était encore plus belle qu'avant.

OMBRAGE - Si tu continues, ils seront encore plus beaux... Aspire encore plus leurs âmes...
TORI - Mais oui, les âmes, ce sont elles...

Le destin se dessinait comme une nuit de folie pour l'assoiffée de la luxure.

De même pour l'autre "assoiffée", de nourriture cette fois.

Sans pour autant perdre ou gagner un seul gramme, Esmène continuait de tout dévorer sur son passage, on ne compta même plus le nombre de plats importés ou cuisinés sur place qui sortaient pour ne jamais revenir dans les fourneaux.

Les esmarlopes, mangées. Les foies gras, mangés. Les kokosodas, bus. Les boissons d'épouvante, bues. Les Tristepains, mangés aussi. Les soupes de chardon, malgré leur goût infect, dévorées en une seule cuillerée à soupe !

ESMÈNE - Mais c'est tout ? Que ça ? Allez aux fourneaux, fainéants ! Je sais qu'il y a encore plus de nourriture à dévorer !

Bien évidemment, les chefs et les navires n'en pouvaient plus, et avaient beau présenter comme excuses la famine dans d'autres villages, cela était égal pour cet estomac contrôlé par une démone.

ESMÈNE - Ne poussons pas mémé Enutrofette dans les orties ! Ou sinon...

Sans compter que cette famine n'en était pas vraiment une. Un jour de balade, Esmène avait renversé quelques gouttes de bière de son calice sur plusieurs Brâkmariens. Ces derniers se sont transformés en des espèces de vampyres zombies qui réclamaient à manger et suivaient sans arrêt celle que l'on nommait "l'estomac du mal".

Quelques disciples d'Otomaï commencèrent à analyser ce mystérieux mal, qui n'était pas contagieux entre les Brâkmariens et dont la maladie venait d'Esmène elle-même ainsi que le liquide que contenait son calice. Aussi ils nommèrent ce mal "la malédiction d'Esmène".

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