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06 Les cris de l'enfer (Carolina / Nathalie)

À Sufokia, on pourrait presque croire que tout le monde est rentré dans une colère noire. Pour une histoire de guerre contre la nation d'Amakna, dirigée par l'orgueilleuse Florie. Carolina avait donc décidé d'aller voir ce qui se tramait. Quelle ne fut pas la surprise de cette pauvre petite lorsqu'elle se rendit compte du conflit. Ainsi que des dégâts provoqués. Comment allait-elle y remédier, en tant que noble de Sufokia ? Une idée lui vint alors en tête. Le pipeau que lui avait donné XI.

CAROLINA - Si j'en jouais, je pourrais calmer tout ce monde... Pourvu que cela marche !

La petite Sadidette sortit alors son instrument, outil lui servant à répandre la paresse et le calme à la seule écoute de ces notes aussi singulières qu'enjôleuses. Elle commença à souffler quelques notes. Tout le monde se retourna. Cette musique semblait les attirer, les apaiser... Que se passait-il donc ? Que faisait donc cette enfant, à l'air perdue, à jouer de ce pipeau d'apparence divine ? Était-ce une divinité qui invitait le peuple à calmer leur rage ? Personne ne le sut. Cette mélodie fredonnait.

"Calmez-vous donc, cher peuple de Sufokia, venez donc avec moi dans le pays des rêves, celui où tous vos souhaits se réalisent... À quoi bon travailler si ce n'est que pour se battre ? Laissez donc ces craintes de côté, je vous emmène..."

On aurait dit qu'un esprit s'était emparé de l'instrument. En effet, c'était la démone XI, affiliée à la paresse, qui parlait à travers la musique, depuis l'esprit de Carolina. Le peuple de Sufokia s'écroula, comme endormi. Ou bien... Temporairement... Ou définitivement ?

Le lendemain, ils étaient encore là. Ils n'étaient pas morts. Ils répondaient aux paroles d'autres habitants. Ils refusaient de bouger et voulaient continuer de dormir. Personne ne sut expliquer cette étrange maladie qui les avait atteints la veille. Le pipeau les avait-ils envoûtés, jeté un sort ? Personne ne le sut non plus !

Seule une jeune fille le savait, Carolina. La petite était remontée dans son château pour dormir et parler avec XI de ses actes. Bientôt, tout Sufokia allait être endormi et possédé par la paresse. Chaque personne à terre équivalait à une nouvelle once de pouvoir pour Carolina.

CAROLINA - Bientôt la colère et les chahuts ne seront plus de ce monde. Je les endormirai tous, jusqu'au dernier ! Jusqu'à ce que le calme et la paix puissent régner en Sufokia... Elle aura enfin la réputation qu'elle mérite, celle d'une ville calme !

Une petite lueur bleue scintilla dans les yeux de Carolina. Une lueur à la fois douce et méchante. La paresse n'était pas un péché violent.

XI - N'oublie pas, plus tu feras tomber de personnes et plus ton pouvoir se renforcera...

En était-il de même pour Nathalie et le péché de la colère, qu'elle traînait avec elle à cause de Rushu ? La jeune femme a quitté Bilbyza pour Kelba. Là-bas, elle savait qu'il y aurait des gens à punir. Beaucoup de gens...

NATHALIE - J'en connais plusieurs qui feraient mieux de se calmer tout de suite sur ces terres marchandes... Sans compter les avaricieux qui doivent y traîner !

"Sacris" (son nom de code), la Sacrieuse infernale, décida de se rendre vers l'hôtel des ventes de l'île, lorsqu'elle vit soudain un énorme volatile tourner autour d'elle, tel un vautour... Ou bien... Un Corbac ? Pire... Un corbeau noir.

Celui dont on n'avait jamais vu le vrai visage, laissa tomber quelques plumes avant de se précipiter sur Nathalie, qui sortit son couteau et lui infligea un coup.

NATHALIE - Arrière, qu'as-tu donc ?

Le corbeau noir atterrit. Celui que l'on devait craindre autant que les ténèbres s'arrêta. Nathalie pointa toujours son arme contre lui.

NATHALIE - Je tuerai tous les gens qui commettront des péchés dans ce monde.
CORBEAU NOIR - Tu n'en auras donc pas fini. (Il éclata d'un rire sinistre.)
NATHALIE - À commencer par les avaricieux qui doivent se cacher en ces terres...

Le corbeau noir vit tout à coup l'aura du Seigneur démon Rushu entourer Nathalie. Il recula d'un coup, comme paniqué. Assez étrange... Le corbeau noir avait bel et bien peur de Rushu ! Peut-être n'était-il pas aussi monstrueux qu'il le prétendait...

CORBEAU NOIR - Petite, regarde derrière toi !
NATHALIE - Quoi donc ? Voudrais-tu me tromper ?
CORBEAU NOIR - Le seigneur démon...
NATHALIE - Je suis lui et il est moi. Je suis Sacris, celle qui sanctionne les fautes. Je ne pardonnerai jamais. Je te laisse, tu ne sembles rien n'avoir fait qui puisse troubler l'équilibre... En revanche, tes victimes, sont souillées par un mal dont je vais me débarrasser.

Nathalie repartit vers les échoppes. On y trouva notamment des Enutrofs. Au premier visu, ils en voulaient vraiment pour leur argent. Ils rechignaient à baisser les prix malgré les troubles causés par le corbeau noir. Nathalie leva sa main. Elle ne semblait plus elle-même. La colère en elle s'était réveillée. L'avarice, un des pires péchés qui pouvaient exister ! Il fallait le punir.

Comment les marchands allaient-ils réagir... En voyant leur butin partir dans les flammes de l'enfer ?

Nathalie le comprit assez vite et mit feu, possédée par Rushu, à toutes les échoppes des avaricieux. Ces derniers tentaient d'implorer celle que l'on devait nommer "Sacris".

NATHALIE - On se reverra dans la Shukrute, pécheur rongé de l'avarice. Ta peur de la perte aura causé la tienne.

Et elle partit, laissant derrière elle un corbeau noir confus et des flammes brûlant de leurs cendres derrière elle. Le paysage de l'enfer.

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