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L'enfer pour Florie, c'était l'ennui. Il fallait que cela s'active dans son royaume. Et elle ne savait plus quoi faire de la paresse de son peuple. Elle décida d'aller consulter ses ministres (tous Sadidas).
FLORIE - Ce monde doit changer. Ce n'est pas en restant dans la paresse que ce royaume deviendra le plus grand !
Un des ministres se leva alors et exprima son mécontentement, pensant que Florie abusait de la faiblesse de son peuple. Elle saisit son miroir et l'invita à se regarder dedans.
FLORIE - Te vois-tu, immonde petit Crapaud Mufle ? Tu es un être insignifiant face à ma grandeur...
Mais ce que vit le ministre... C'était le reflet de la démone IV. Affolé, il recula, puis une lueur envahit son regard. Une lueur malfaisante. IV l'avait-il possédé ? Florie rangea son miroir après s'être regardée une dernière fois.
FLORIE - S'il continue, il finira à la pénitence avec tous les autres. Imbécile.
Tous sortirent, une fois la réunion terminée. Le ministre à la lueur démoniaque se dirigea vers son unité et commença lui aussi à vanter le pays comme le faisait si bien Florie. Il n'hésita pas à se paraître supérieur à son unité, qu'il méprisa. Certains soldats allèrent se plaindre à Florie, qui daigna les regarder.
FLORIE - Mais il a raison mes petits. Ce pays deviendra le plus grand si vous nous obéissez. Vous êtes bien là pour servir votre patrie, n'est-ce pas ? Alors dépêchez-vous de rejoindre vos postes !
Les soldats partirent sans oser dire quoi que ce soit. Florie sourit. Elle avait réussi sans aucun mal à les rendre dociles comme des bouftons, et un de ses ministres était lui aussi contaminé par la maladie de l'orgueil, la malédiction de Florie d'après les autres.
Le jour où elle devait reparaître au peuple, Florie devait se préparer au pire de leur part. Aussi vint-elle avec son miroir et les invita à se regarder dedans. Toutes les personnes du milieu de la foule commencèrent à se vanter et à mépriser autrui. Florie n'osa pas les regarder mais était heureuse de son œuvre.
FLORIE - Si tout le peuple était comme vous, nous y arriverions enfin... Au travail, insignifiants !
Alors que certains partirent sans demander leur reste, d'autres pestèrent. Florie tapa du pied comme à son habitude et ordonna aux gardes d'emmener les récalcitrants à la pénitence.
FLORIE - Je veux une nation d'or.
De l'or. Toujours de l'or. Encore plus. Pourquoi pas des diamants. Et d'autres bijoux. Erica s'était enfuie de son domicile, à la grande surprise de la petite Gladys, qui ne comprit plus rien. Sa grand-mère, autrefois banquière et bijoutière serait-elle passée du côté obscur ?
Elle décida d'aller quérir le chevalier Justice pour lui demander d'éventuelles explications sur le comportement d'Erica. Ce dernier lui répondit que les chances qu'elle ait été possédée par un démon était probable, mais qu'il ne pouvait plus rien y faire. Gladys repartit, déçue, mais déterminée. Elle savait enfin ce qui se tramait dans sa famille. Cacher les richesses... Une bonne excuse pour dissimuler l'avarice !
Que se passait-il avec Erica ? La vieille femme, possédée par Minuit, la démone de la vingt-quatrième heure, s'était introduite dans son vieux lieu de travail pour récupérer tout l'argent et les richesses possibles à amasser. Encore, encore, une boulimie de l'or. Telle pouvait être décrite la maladie dont Erica était atteinte. Et pourquoi pas ne pas contaminer d'autres gens ?
Le lendemain, Erica rentra chez elle, en cachant soigneusement ses trésors. Gladys lui demanda alors ce qui se passait, Erica la rassurait, mais la jeune Eniripsa savait qu'il y avait quelque chose qui clochait.
GLADYS - J'ignore pourquoi, mais j'ai la drôle sensation que vous n'êtes plus vous-même.
ERICA - Qu'est-ce qui te prend de t'imaginer des horreurs pareilles, ma petite ? Je vais très bien, ne t'en fais pas. Prépare-moi un peu de sirop je te prie, ma voix recommence à s'enrouer.
Gladys n'était pas du tout rassurée. Elle savait qu'elle parlait à un démon. Mais qui ? Rushu, Djaul, Uk'Not'Allag ? Elle l'ignorait. Elle ne savait pas que c'était de la faute de la redoutable Minuit. Cette impitoyable démone qui menait d'une main de fer les autres divinités des heures.
GLADYS - Mémé, rassurez-moi. Par pitié. Mais soyez sincère. Y'aurait-il un démon dans Bonta ?
Erica éclata de rire.
ERICA - Ma petite, bien sûr que non ! Si c'était le cas, on le saurait ! Et les vols, tu sais, il y a le clan des Roublards qui est redevenu actif. Cela ne m'étonnerait pas que ces filous soient revenus pour tous nous dépouiller !
Une rage commença à envahir Erica, qui leva sa canne et la fit claquer au sol violemment, dans un bruit sec qui fit trembler la petite Eniripsa.
ERICA - Si j'en vois un, je le réduirai en poussière ! Que l'on ne sous-estime pas les vieux lenalds comme moi !
Gladys ne put qu'approuver sa grand-mère, malgré encore quelques craintes.
GLADYS - Oui, vous avez bien raison mémé. Les Roublards ne passeront plus à Bonta. Nous les attraperons avec les milices et les gardes de la garnison de la ville...
Erica sourit. Mais Minuit souriait et riait par derrière, sans que personne d'autre à part la disciple d'Enutrof ne puisse l'entendre.