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"- Venez faire un peu de cuisine.
- La cuisine c'est long et ennuyeux.
- Vous ne pouvez pas faire quelque chose comme tous les grands font?
- Jamais. Jamais on ne deviendra comme ces imbéciles."
Dès qu'on demandait une chose aux Amazones, elles trouvaient un quelconque prétexte pour y échapper, surtout lorsque cela ne concernait ni Rushu, ni le cirque, ni leurs intentions personnelles.
Le mental des quatre jeunes filles était resté le même. Ne jamais grandir, telle était leur devise. Et tout cela grâce au pouvoir qu'elles avaient reçu. Pendant plusieurs années elles s'adonnèrent aux arts du cirque. Pendant la journée du moins. La nuit, la situation était tout autre. Le Quatuor exécutait ses plans les plus sombres. Transformer les rêves des adultes en d'affreux cauchemars, avec des miliciens fous, des Dofus qui échappaient aux mains des plus aguerris, des situations ridicules comme être croqué par le Wa Wabbit comme une vulgaire cawotte. Plusieurs habitants se plaignirent.
"Tous nos rêves échappent à notre contrôle. TOUS."
Et puis un jour...
La Reine ne se montra pas ce jour-là.
Disparue.
Le Quatuor prit alors son indépendance. Désormais encore plus agiles qu'auparavant, elles utilisèrent ce qu'elles avaient appris pour pouvoir faire ce qu'elles voulaient. De tout et n'importe quoi à vrai dire. Et puis, elles étaient tellement demandées aux spectacles de cirque qu'elles devaient se déguiser pour se cacher. Quitte à porter des masques, elles s'en fichaient. Désormais, elles étaient les nouvelles hors-la-loi d'Astrub et de Bonta. Pas de Brâkmar. Hé oui! Dans la cité du vice et de la violence, leur comportement était tout à fait acceptable... Dans leur cité d'alignement.
Les spectacles continuèrent encore pendant plusieurs mois... Puis s'arrêtèrent soudainement pendant 8 semaines. Les habitants étaient inquiets. Que se passait-il? Le cirque allait-il mourir?
Les Amazones refusèrent de croire cela. Elles décidèrent de reprendre le cirque et de se le diriger à elles quatre. Elles lui érigèrent un nom à l'honneur de leur Reine. "La Lune Défunte". La Lune, c'était la nuit, les hurlements des mulous de scène, le moment des démons, de Minuit, d'Ombrage, et tant d'autres... Défunte, car leur Reine était classée chez les Srams. Les Srams, ils pillaient, ils volaient, ils tuaient, ils torturaient... Sans pitié. Une lune morte. Une reine disparue. Un cirque défunt qui allait renaître de nouveau grâce à un groupe de quatre jeunes filles destinées à la vie de foraines et de criminelles.
Vivre dans l'ombre, c'était bien. Mais ça ne suffisait pas. Les cauchemars des habitants reprirent de plus belle. Aussi raconta-t-on les histoires d'une Jiva devenue complètement folle de pouvoir, d'une Amakna qui se refroidissait à cause de Djaul, comme Frigost, de plantes et de ronces qui envahissaient toutes les remparts d'Astrub, de séances de vaudou Sadida qui se terminaient par la cruelle souffrance et l'inévitable décès de la victime d'un coup d'aiguille du Tofu dans une poupée du dieu, de Bouftous qui avaient commencé à grignoter les îles après avoir dévoré tout le continent Amaknéen... Des rêves étranges et terrifiants à la fois. Si bien qu'une nuit, tout le continent Amaknéen hurlait d'une seule et unique voix. Tout. Sauf Brâkmar.
Alors on commença à se demander : pourquoi Brâkmar était-elle épargnée?
Ils inventèrent tous types de prétextes : la faute de Rushu, de Djaul, de sorciers maléfiques, de sorcières douteuses... Ils étaient loin de la vérité. Très loin. Ou presque.
Pendant près d'un siècle, ça se passait toujours de la même manière, toujours. Les cauchemars étaient omniprésents chaque nuit, effrayant les habitants. Les Brâkmariens restaient épargnés.
Mais ces cauchemars, ce n'était que la petite entrée suite à celui qui allait bientôt survenir...
À SUIVRE